FAKE
Tout est faux, tout est fou
La Compagnie du Cercle et La Muse en Circuit présentent Fake, un spectacle itinérant , sous casques et au creux de l’oreille, d’après Peer Gynt.

Comme tout projet, tout part d’une idée et surtout d’une envie commune entre le compositeur Wilfried Wendling et le conteur Abbi Patrix, tous deux passionnés par le personnage de Peer Gynt de l’auteur Henrik Ibsen. Cette histoire est celle, entre autres, d’un menteur à la recherche de sa propre identité, de l’amour d’une femme et de trolls.

Au-delà de Peer Gynt, les deux artistes s’intéressent à la place des médias dans notre société. Comment arriver à différencier les infos des infox, les vertueux des mythomanes ou, plus simplement : le vrai du faux ?

D’un point de vue formel : FAKE est une performance musicale guidée par un conteur où les spectateurs sont équipés de casques HF et peuvent déambuler librement dans l’espace au son d’une fresque musicale composée en live.

FAKE est un spectacle non binaire qui s’adapte à l’endroit où il se joue. Extérieur et/ou intérieur, de jour comme de nuit, le spectateur peut être assis, mais va aussi sûrement être amené à déambuler pour suivre le raconteur d’histoires. Ce dernier s’imprègne des atouts du lieu, de son histoire, de sa faune pour proposer une histoire nouvelle à chaque représentation.

Aux détours des rencontres, il se lance dans une interaction auprès de vrais, mais aussi de « faux spectateurs », car des complices peuvent se glisser parmi le public et participer à l’aventure. Des musiciens, des chanteurs, des performeurs peuvent aussi être présents pour enrichir cette balade sous casque.

L’implication peut aussi être « virtuelle ». En effet, un système de répondeur est mis en place afin que chacun puisse y laisser des messages vocaux ou sonores. Ceux-ci sont rediffusés/remixés en live par les artistes.

FAKE, qui se déroule le plus souvent dans des lieux publics et qui est avant tout une aventure participative, permet aux « non-spectateurs » intrigués par l’installation et la déambulation du public déjà en mouvement, de rejoindre la représentation en cours.

En se nourrissant de ces nombreux paramètres, chaque représentation est différente bien que, la trame de l’histoire reste inchangée, Abbi Patrix interprétant les monologues célèbres de la pièce Peer Gynt.

« PEER GYNT

Ah ! Je n’ai plus besoin de portes ni de serrures ! Je ne crains plus les trolls et les malignes pensées ! Une bénédiction descend sur cette hutte où tu viens habiter avec le pauvre chasseur. Solveig ! Laisse-moi te contempler ! Sans m’approcher de toi, te contempler seulement ! Que tu es blonde et pure ! Laisse-moi te soulever ! Que tu es fine et légère ! En te portant, Solveig, je pourrais marcher sans fatigue, toujours ? Pour ne pas te souiller, je tiendrai loin de moi, à bras tendus, ton corps tendre et tiède ! Non, vrai ! Qui aurait pu croire que je te parlerais ainsi ? Ah ! Mais c’est que j’ai langui après toi des jours et des nuits ! Je vais te montrer tout ce que j’ai bâti ; je le démolirai, tu sais ; c’est trop petit, trop laid. »

Extrait de Peer Gynt, Act III

« FAKE est un spectacle pour un conteur, au moins deux musiciens et un nombre infini de participations professionnelles ou amateures. La création musicale interagit avec les spectateurs et crée une bulle fantasque et mouvante au cœur de l’espace public. Chaque représentation est unique et se construit avec l’organisateur pour le choix du lieu et des intervenants.
La pièce Peer Gynt d’Ibsen, librement racontée par Abbi Patrix, constitue la trame principale de ce projet à géométrie variable. La partition est ouverte et permet d’adapter le projet à tout type de lieux. Aucune version n’est semblable et peut être interprétée par des artistes invités, renouvelés à chaque représentation qu’ils soient musiciens ou artistes d’autres disciplines : comédiens, circassiens, danseurs…
Le conteur et les interprètes évoluent au gré d’une histoire de voyage et d’arrachement, d’abandon et de sacrifice, d’imagination et de mensonges. Le public choisit son trajet, son rythme et son attention au cœur du dispositif en mouvement.
La percussion et l’électronique, instruments piliers du projet, sont les deux pratiques musicales les plus larges qui soient. Ce sont des mondes musicaux aux frontières infinies qui permettent toutes les dérives de l’imaginaire. La partition intègre également des instruments fantômes, des instruments que l’on ne voit pas. Ces parties instrumentales peuvent être jouées en direct et donner lieu à des invitations d’artistes. De la même façon, certains personnages et intervenants ne sont uniquement que des voix enregistrées.
Enfin, cette farce sur l’identité du voyageur dans le vaste monde est régulièrement perturbée par les interférences sonores d’une radio d’information en continu. Les casques des auditeurs perçoivent ainsi par intermittences des actualités musicalisées et falsifiées. Il y a donc en permanence, un trouble entre la présence et l’absence, entre le faux et le vrai, entre le tragique et la comédie de la vie. »

Wilfried Wendling & Abbi Patrix

Conception et musique électronique live : Wilfried Wendling
Conteur : Abbi Patrix
Percussionniste : Linda Edsjö

Participation d’Anne Alvaro, Julien Desprez, Louis Laurain, de Musiciens de l’Orchestre national d’Île-de-France
et d’un nombre infini de possibles participants…

Production déléguée : La Muse en Circuit, Centre national de création musicale
Coproduction : La Compagnie du Cercle, direction Abbi Patrix, Lieux publics – Centre national de création en espace public