Bascules

Lucie Antunes, Félix Carrelet, Yadh Elyes

Un spectacle de Lucie Antunes

Que faisons-nous de nos chutes ? Comment regardons-nous les accidentés de la vie, ceux qui sombrent et qui se redressent ? Et ceux qui font l’un sans pouvoir faire l’autre…?
Bascules refusera que triomphe en nos intimités l’idéologie du fatalisme. Permettra de vérifier que nos émotions ne sont pas erronées. S’attachera à porter un regard attentif aux traces sensibles que laissent les épreuves, dans une vision hantée par un passé tragique encore proche. Sera un hymne à l’espoir qui vibre…

 

Le point de départ de ce spectacle est mon souhait d’aborder le thème du « borderline ».
Aujourd’hui tout le monde peut être « border », c’est même devenu un terme branché, voire à la mode, alors qu’il recoupe des réalités bien diverses de la maladie mentale à la colère non maîtrisée.
En mettant en scène trois artistes, dont moi, je souhaite questionner la facilité avec laquelle on peut se laisser dépasser. Que se passe-t-il dans notre tête lorsque l’on perd le contrôle de ses émotions ? Quand le fil se casse et que l’on « pète les plombs » ?
Je souhaite aussi évoquer de manière sensible et poétique, la renaissance, les moments où ces personnes se redressent. Les « effets bascule », les bascules…
Lucie Antunes

 

Oud, Percussions et Cirques

Nous entretenons tous les trois un rapport au corps très différents, j’ai pensé à la forme physique et au langage corporel que certains actes demandent, des actes inconscients commis dans des états de détresse, de colère, de souffrance, d’euphorie ou de passion. La provocation, par exemple, crée, chez certains êtres, une violente force intérieure incontrôlable. A l’aide d’une chorégraphe, nous pousserons nos corps à réagir face à l’effort que l’on mène par-delà notre limite et ce, d’abord et surtout, à travers nos compétences artistiques.

En ce qui concerne les instruments de musique, le oud requiert une expression du corps assez limitée. Il se joue assis, recroquevillé parfois, comme si l’artiste essayait de rentrer en lui. Il est souvent interprété de manière très intime.
On élargira le champ des possibilités en éloignant l’interprète de son instrument. Nous essayerons de comprendre quel rôle joue le oud pour Yadh, le symbole que son instrument représente au regard de son histoire et du thème abordé.
La percussion est un instrument très physique qui offre des possibilités quasi infinies. La frappe peut varier et, dans ce cas, l’instrument peut également prendre plusieurs formes. Quant à la place du corps dans l’espace, elle est, contrairement au oud, beaucoup plus engagée. Très proche de la danse.
Musicalement, l’état de transe peut s’acquérir à travers des rythmes ou mélodies répétés tels que les œuvres de Steve Reich (je pense à Piano Phase) ou certaines musiques électroniques. Ce que j’aime dans la musique de Steve Reich, et plus particulièrement dans Piano Phase, c’est la proximité entre la musique et les états humains. Prendre une route, se perdre, se transformer, rester dans le contrôle et essayer de retomber sur ses pieds.
L’image des circassiens est souvent héroïque. Il s’agira pour Félix de jouer avec le vide. Si nous n’irons pas jusqu’à l’image très explicite du funambule sur son fil, nous symboliserons l’espace, voire la chute, par l’usage d’objets qui nous sont familiers tels que des chaises ou une table. Si Yadh et moi utiliserons principalement nos compétences musicales pour nous exprimer, Félix, lui, sera plus danseur que circassien. C’est un acrobate aux infinies capacités physiques, il a cette sensibilité de créer dans l’instant présent quelque chose de magique et délicat avec son corps. Ces caractéristiques font de lui un danseur particulier aux propositions très personnelles.

La partie musicale

Je m’appuierai sur les improvisations enregistrées lors de nos résidences pour écrire toute la partie musicale. Influencée par le travail de John Cage mais aussi par la musique électronique, je souhaiterais tout d’abord revisiter le oud. Le son de cet instrument a une connotation orientale susceptible d’influencer la couleur musicale et l’ambiance générale du spectacle. Préparer un oud comme John Cage prépare le piano, nous donnera l’occasion de détourner la voie traditionnelle que cet instrument a l’habitude de prendre.

Ainsi, le mélange avec les fréquences du vibraphone, par exemple, pour peu qu’ils jouent exactement la même chose, nous donne l’illusion d’un seul instrument se rapprochant quasiment d’un synthétiseur.
Je suis issue de conservatoires classiques mais aussi d’une culture pop-rock. J’ai l’intention de m’appuyer sur ces deux écoles bien différentes dans l’écriture musicale du projet.
Nous entamons l’élaboration, Yadh, Félix et moi, d’un laboratoire musical. Nous sommes tous trois issus de milieux artistiques différents. Le travail autour de la percussion consistera à se rapprocher des recherches sonores de Cage, utiliser des gongs, des claviers, métaux résonnants, coller des micros piezo et transformer le son grâce à des pédales d’effets peut obtenir des sons proches des synthétiseurs analogiques.
Yadh recherchera d’autres modes de jeu sur le oud : oud préparé, amplifié, transformation sonore grâce, aussi, à des pédales d’effets.
Une fois les instruments de percussions choisis, je ferai appel à Patrick Pearson, artisan menuisier, afin de construire une structure en bois qui sera un support pour certains de mes instruments et sur laquelle Félix pourra empiéter. Cette structure jouera un rôle important dans l’esthétique du projet.

L’esthétique du projet

Je vais travailler avec deux artistes plasticiens pour le décor et les costumes, Louie Otesanek et Philip Ob Rey.
Nous travaillons à l’élaboration de plusieurs chapitres représentants les différents états du borderline. Chaque tableau sera travaillé avec une esthétique particulière, sans être saccadée ni toujours évidente à percevoir.
La présence de ces deux artistes dans le processus de la création est importante. En effet, d’une part, les objets que va utiliser Félix sont très présents dans notre quotidien et d’autre part, notre thème qui prend appui sur des faits réels, sont des éléments très terre à terre. J’attends que l’imaginaire de Louie et Philippe rende le spectacle plus fantastique, plus imagé et plus onirique.

Distribution

Conception, direction artistique et musiques – Lucie Antunes
Chorégraphe – Chloé Beillevaire
Lumières – Anne Gayan
Dramaturgie – Eloi Saint Bris
Scénographie et costumes – Louie Otesanek et Philip Ob Rey
Construction – Patrick Pearson
Ingénieur du son – Franck Berthoux

Avec
Félix Carrelet, circassien, danseur
Yadh Elyes, oudiste
Lucie Antunes, percussionniste

Partenaires

Une production de La Muse en circuit – Centre national de création musicale.
En coproduction avec le Théâtre de Vanves – Scène conventionnée, le Lieu Unique – Scène nationale de Nantes, Lieux publics – Centre national de création en espace public.
Avec le soutien à la résidence du Plus petit cirque du monde – Centre des arts du cirque.
(Recherche de partenaires en cours)

Contacts

Production déléguée
La Muse en Circuit – Centre national de création musicale
+33 1 43 78 80 80

Production – Diffusion
Marthe Lemut
marthe.lemut [@] ornot.eu
+33 6 03 78 20 10