L’OrMador. Carnet de création d’un orchestre de machines et d’ordinateurs

L'Ormador est un projet expérimental créé sous l'impulsion de La Muse en Circuit (Laurent Sellier et Arnaud Sallé) en partenariat avec l'Ariam Îl-de-France.
"Le pari était osé: convaincre des musiciens amateurs éprouvant leur talent sur des machines ou des ordinateurs dont nous avions pu constater qu'ils engendraient des pratiques musicales individuelles souvent isolées, de former un ensemble orchestral (...)"Arnaud Sallé

prsite_ormador« Cet opus ne prétend pas être un manuel de pédagogie ou de méthodologie, même s’il est sans doute possible de s’inspirer ici ou là de stratégies susceptibles d’être adaptées à d’autres cas concrets. Nous pouvons par ailleurs facilement supposer qu’une partie des choix didactiques évoqués recoupe de nombreux autres exposés d’ouvrages plus spécialisés : je n’ai pu faire autrement que d’expérimenter dans cet ouvrage une condensation nécessairement subjective d’un voyage qui n’est pas moins particulier, parfois enrichi de lectures, de recherches, et d’expériences plus éloignées, voire très différentes.
Il n’est pas non plus dans son ensemble un manifeste esthétique, bien qu’il tende, souvent en creux, à montrer les rapports étroits qu’entretiennent les conditions techniques initiales, et le champ des potentialités gestuelles et musicales. On remarquera cependant des partis pris de travail, des équations de choix méthodologiques qui révèlent certains points d’ancrage dans une esthétique déterminée. Que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit en aucun cas d’une attitude exclusive, mais bien plutôt d’un biais attribuable aux lieux de prédilections de ma pratique, et du projet qui sert de support tout autant que de fil conducteur aux pages qui vont suivre.
Il est avant tout le carnet d’un voyage, celui qui mène de l’idée fondatrice à l’inflorescence d’une création, qui mène de la vision personnelle au projet collectif, de l’incréé au tangible.

Les musiciens campés sont tout à la fois réels et fictifs, tant il vrai que la mémoire est inévitablement partiale et imparfaite. J’ai cependant aussi ma part de responsabilité : j’ai parfois forcé le trait, à dessein, dans la restitution des dialogues directs ou relatés, afin que transparaisse avec plus de clarté et de vivacité leurs portées emblématiques.

Que mes chers musiciens présents et passés ne trouvent point de raison de s’en offusquer donc, étant assurés que ce n’est pas à leurs dépens que j’ai essayé de bâtir ce texte, mais bien grâce à la profonde richesse artistique de nos aventures, et des innombrables moments de bonheur indicible passés à inventer de nouveaux mondes ensemble.
Qu’ils soient toujours plus riches et nombreux, je n’ai pas d’autre souhait.
Ce Carnet de voyage sera aussi celui de l’exploration d’un organisme vivant de création, fondé sur le désir de musiciens en constant éveil, lesquels oeuvrant ensemble à l’édification et l’incarnation – toujours émouvante – d’une nouvelle pièce, déploient leur sensible imaginaire, celui du public et le mien, au travers d’instruments contemporains,
créés, changeants, et en un sens toujours inachevés.
Qu’ils en soient d’ores et déjà ici, avant que le véritable récit ne commence, profondément remerciés ». Arnaud Sallé Compositeur, directeur artistique

 

« Quand en septembre 2003, nous prenions avec l’Ariam Ile-de-France, l’initiative d’organiser le premier atelier consacré à la prise de son et au travail sur ordinateur en ayant l’intuition que dans cette région, comme un peu partout en France, un grand nombre de mélomanes amateurs «bidouillent » avec l’informatique en souhaitant en savoir plus, nous ne nous doutions pas que l’orchestre qui allait naître de cette rencontre fertile, survivrait, et même plus, vivrait de son propre zèle.
Nous ne doutions pas que cette démarche pédagogique, imaginée par Laurent Sellier et Arnaud Sallé avec le soutien de La Muse en Circuit allait déboucher sur des concerts de créations qui, à chaque fois, mobilisent des interprètes inventifs, des imaginaires croisés féconds et des talents conjugués.
Nous ne savions pas non plus que tous ceux qui ont croisé la route de cet OrMaDor à géométrie variable en gardent un souvenir fort et heureux.
Ainsi, nul n’est besoin d’en dire plus !
La preuve est faite que dans la nébuleuse imprécise qui sert parfois de fourre-tout et qu’on nomme les pratiques amateurs, on peut imaginer des formes inventives et mobilisatrices animées par des artistes engagés, débouchant sur des musiques qui hybrident intelligemment les textes, l’image et le son.
La preuve est faite, s’il en est encore besoin, qu’on peut faire oeuvre de création tout en restant dans notre rôle indispensable de passeur de savoir, peut être aussi et plus encore, de passeur d’émotions. »
David jisse. Directeur de La Muse en Circuit

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