Imaginarium

Hélène Breschand & Wilfried Wendling

Imaginarium s’inscrit dans la continuité d’une recherche psychédélique à la croisée des musiques hybrides, des arts numériques, du collage littéraire et de la performance cinématographique. Dans ce petit théâtre de l’imaginaire se déploie par la musique un univers sensoriel dans lequel la pensée d’Etienne Klein croise les dessins de Marc Antoine Mathieu ou de Max Ernst, la langue de Jean Genet s’emmêle avec celle de Jean Luc Godart ou de Guy Debord dans une pratique surréaliste des nouvelles technologies.

Une expérience sensorielle qui Décloisonne les Disciplines. Un voyage hypnotique…

Toujours attiré par l’interaction du rythme des mots et du rythme des images avec le sonore, Hélène Breschand et Wilfried Wendling explorent les mille facettes de leur univers onirique, fait de trames et de faisceaux.
Cette rencontre fertile questionne chaque discipline artistique sur ses particularités à travers l’interaction permanente des processus créatifs reliés les uns aux autres par le médium des nouveaux outils numériques qui transforment en temps réel le son et l’image.
Le moteur de leur collaboration et de leurs pièces est véritablement l’interaction entre ces disciplines dont les particularités de chacune sont explorées pour chercher à en extraire une forme d’art total prolongeant modestement le rêve Wagnérien.
Ainsi, les mots, les images et les sons s’entrechoquent, la musique improvisée est associée à la musique écrite, à la musique électronique, à la vidéo et aux textes (Beckett, Carroll, Joyce, Michaux, Nietzsche, Perec, Xenakis…).
La harpe d’Hélène Breschand devient à la fois matière sonore et déclencheur de l’électronique. Les voix des musiciens alternent entre la narration d’un discours intelligible et l’abstraction
du discours musical.
La vidéo diffuse des images, des photos, des films, réagissant également à l’environnement sonore. Le voyage de la citation à la fiction originale est permanent et joue continuellement sur la mémoire collective et singulière.

etienneklein

Cette création propose une interaction des espaces, la scène n’existe plus, la vidéo est projetée sur l’ensemble du public. C’est alors que la notion de scène disparaît au profit d’espaces de représentation décloisonnés.

La vidéo, alliant découpes, images et matières, est projetée sur tous les espaces de jeux, sur le public et devient ainsi à la fois décor et lumière. Transformant l’espace redécoupé, la scène disparaît, se recrée, rappelant un espace cosmique en formation.
La proposition est de donner
à redécouvrir le sentiment de l’espace : dans quelle mesure l’espace est en nous ou à l’extérieur de nous. Et ainsi réinterroger la sensation de nos corps, à la recherche d’une certaine apesanteur.
La création peut commencer par la voix d’Henry Michaux, parlant de ses visions sous mescaline. Certains de ses dessins sont projetés, transformés, en quelques sortes dépliés : le public entre dans l’oeil de Michaux dans la matière et se perd dans les reflets et les citations cinématographiques misent en abyme : Imaginarium cite Jean Luc Godart, qui cite Guy Debord, citant Fritz Lang… Un reportage sur Etienne Klein peut également superposer une réflexion sur le réel et le temps.
Imaginarium reste en permanence matière à réflexion, toujours en mouvement, même si le questionnement de départ reste identique. Avec une structure globale
qui reste toujours souple et mouvante, le spectacle propose un moment unique, un instant éphémère tout en partage avec un public résolument impliqué.

Vidéo