Acapulco ‘Redux’

Julien DESPREZ, Grégory Edelein

Entrechocs de différents éléments sonores, dérives sans brutalité, dé- charges et grésils électriques et oniriques, les vibrations d’Acapulco ont créé leur propre réplique, renversant la proposition initiale, celle d’une approche non conventionnelle de la guitare, par un dispositif scénique avec éclairage radical, où le corps du musicien se retrouve au centre de nouvelles densités musicales.

« Entrechocs de différents éléments sonores, dérives sans brutalité, dé- charges et grésils électriques et oniriques, les vibrations d’Acapulco ont créé leur propre réplique, renversant la proposition initiale, celle d’une approche non conventionnelle de la guitare, par un dispositif scénique avec éclairage radical, où le corps du musicien se retrouve au centre de nouvelles densités musicales. »
La Dynamo de Banlieues Bleues.

© Sylvain Gripoix

© Sylvain Gripoix

Acapulco ‘Redux’ s’inscrit dans la lignée du projet Acapulco (2013), solo de Julien Desprez né de sa démarche de questionnement sonore, corporel et formel entreprise depuis plusieurs années. Ce premier solo développait une forme musicale capable s’accueillir et de faire exister une ininité de sons. Une approche non conventionnelle a émergé et s’est traduite par une gestuelle tranchante et concise. De ces mouvements dictés par la création des sons, une chorégraphie est apparue naturellement, mais le son restait l’intention première.
Acapulco ‘Redux’ prolonge cette intention en questionnant plus loin la relation physique et gestuelle inherente au medium guitare. Dans cette nouvelle phase du projet, Julien joue un dispositif qui met sur un pied d’égalité sons, espace et lumière. Les enjeux de la représentation sont légèrement déplacés, les angles d’attaques se démultiplient. Les tensions / ruptures / saisissements (qu’elles qu’en soient les matières) écrivent un espace/temps singulier. Le chorégraphe et scénographe Grégory Edelein accompagne Julien dans la création de cette performance.

 

Note d’intention

Acapulco s’est formé autour d’une idée/concept : développer une forme musicale capable d’accueillir et de faire exister n’importe quel son venant de n’importe quel domaine ou esthétique musicale.

De cette idée est né un solo de guitare électrique qui fait s’entrechoquer ces différents éléments sonores. Un mixte d’actions manuelles sur l’instrument, couplées à un jeu de pédales d’effets aux pieds, a créé une approche non conventionnelle de la guitare, évoquant une danse. Le corps s’est alors retrouvé au centre du questionnement artistique d’Acapulco.

L’objet aujourd’hui est de s’appuyer sur cette singularité pour la pousser plus loin. Nous portons notre attention sur l’ensemble des éléments qui font concert, et décidons d’un éclairage radical qui prolonge l’esthetique d’Acapulco : trois barres de leds blanches très puissantes et réactives créent une lumière électrique, électronique qui vient soutenir le propos musical. Ces trois lampes, actionnées par Julien grace à des pédales de contrôle (jumelles de pédales guitares), commandent en direct depuis la scène des effets lumineux très simples, tranchés, incisifs, à l’instar de sa musique.

L’ensemble des pédales, musicales et lumineuses, ont été éparpillés sur le plateau pour créer différents espaces, profondeurs, proposer des angles de vue différents, et l’amènent au déplacement. Ce dispositif simple cisèle l’écriture du son, du temps et de l’espace, et permet l’apparition de nouvelles densités musicales.

Julien joue ici de ce qu’il montre, de ce qu’il cache, de ce que l’on écoute et d’où on l’entend. Un Tout a fleur de peau qui le force au vif et révèle sa fragilité.

L’équipe

Julien DESPREZ – guitare électrique

Né à Paris, il commence la guitare en autodidacte à l’age de 16 ans. Il intègre ensuite les conservatoires de Yerres et de Montreuil d’où il sort avec un D.E.M et une médaille d’or jazz. Parallèlement, il participe à divers concerts qui lui donnent l’occasion de côtoyer : Charlie Haden, François Jeanneau, Tortoise, Louis Sclavis, Stephane Payen, Guillaume Orti, Benoit Delbecq, Han Bennink, Edward Perraud, Hubert Dupont, Rob Mazurek, Jeff Parker, Gilles Coronado, Beñat Achiary, David Grubbs, Doug Wamble, Marc Ducret, Sylvain Darrifourcq, Thomas Depourquery, Eve Risser, Mederic Collignon, Magic Malik, Emmanuel Bex, Hasse Poulsen…

Membre co-fondateur du Collectif Coax, coopérative de musiciens basé à Paris et créé en 2008, récemment labellisé « Compagnies Nationales » par le Ministère de la Culture et de la Communication, son travail se situe aujourd’hui autour de tous les questionnements existants au sein d’un espace scénique, à travers le corps, l’espace et la lumière, mais où le son demeure central. Évoluant entre arts sonores, performance et musiques improvisées contemporaines,  à mi-chemin entre la chorégraphie – sans pour autant être dansées –, la scénographie et le concert, les performances qu’il crée sont le fruit de cette réflexion : les musiciens sortent de leur simple position de créateurs de son et sont poussés à assumer et utiliser pleinement leur corps.

Sa rencontre avec Grégory Edelein autour de son projet « Déconcerter » a été déterminante. Cela été l’occasion d’une réflexion et d’une pratique autour du corps du musicien. Intention qu’il continue à travers Acapulco ‘Redux’.

 

Gregory EDELEIN : Mise en scène, scénographie

Né en 1978 à Toulouse, il vit actuellement à Bruxelles. Après deux années de sociologie, il se forme pendant cinq ans au sein de l’école nationale supérieure des Arts du Cirque (CNAC) en France, puis travaille pendant plusieurs années avec différents chorégraphes, notamment Pierre Rigal et Aurélien Bory, ou Koen Augustijnen des ballets C. de la B. en Belgique.

Depuis 2010, il développe ses propres projets et se rapproche des arts visuels. Son travail s’axe autour de la photographie, la vidéo, l’édition de livres ou l’organisation d’interventions dans l’espace public. Son projet charnière est «Déconcerter», performance chorégraphiée pour 3 musiciens réalisée dans le cadre du Tanzplan Germany, au cours duquel il rencontre Julien Desprez.

Depuis trois ans, son projet “(entre)” investit les qualités spatiales, symboliques, historiques ou politiques du signe parenthèse. Une sorte de tentative absurde pour établir de nouveaux liens entre typo- et topo-graphie. Il prépare actuellement un livre sur le voyage à vélo (de Bruxelles à Florence) qu’il a réalisé pour aller consulter le manuscrit de 1399 contenant la première parenthèse attestée.

Parallèlelement à ses activités dans le spectacle et l’art contemporain, il prend part à des démarches collectives autour des notions d’espace public, du paysage, de la finance et du capitalisme ; il continue aussi à s’intéresser à de nouvelles techniques et médias pour en venir aujourd’hui à approfondir ses connaissances dans l’ébénisterie et le design bois…

 

Contact production / diffusion :
Camille Bulan
La Muse en Circuit, Centre national de création musicale
01 43 78 80 80
camille.bulan@alamuse.com