Berlin, symphonie d’une grande ville

Simon Fisher Turner

Au même titre que L’homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov, Berlin, Symphonie d’une grande ville (1927) est considéré comme l’une des « symphonies de ville » les plus emblématiques de l’avant-garde cinématographique européenne de la fin des années 20. Dans la lignée du futurisme, Walter Ruttmann y dresse le portrait de la ville de Berlin en une journée, de l’aube au crépuscule. L’ère de l’industrialisation y bat son plein, le modernisme citadin est devenu une mode, la city symphony devient un genre cinématographique à part entière dont les personnages principaux sont : le chemin de fer, le ballet des tramways, la fée électricité, le vrombissement des automobiles, etc. De toute la ville en pleine effervescence s’élève et résonne une symphonie de sons nouveaux…

Il faut remplacer la variété restreinte des timbres des instruments que possède l’orchestre par 
la variété infinie des timbres des bruits, obtenus au moyen de mécanismes spéciaux.
Luigi Russolo, L’Art des bruits, manifeste futuriste

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L’idée de ce ciné-concert est née d’une réflexion avec le musicologue Philippe Langlois, autour de son ouvrage Les cloches d’Atlantis. Musique électroacoustique et cinéma/Archéologie et histoire d’un art sonore, quant à la manière d’aborder aujourd’hui la composition musicale pour un film muet. Le choix du film s’est fait parmi les films qui induisent, dans leur conception, dans les thèmes qu’ils abordent, une dimension proprement musicale, sinon bruitiste, dans la lignée du futurisme de Russolo, et qui, de fait, interrogent les nouveaux moyens de création sonore et musicale.
« Le siècle des aéroplanes a droit à sa musique », proclamait Claude Debussy, et c’est précisément tout l’enjeu de Berlin, symphonie d’une grande ville. Pierre Henry, qui a donné en 1988 sa propre vision musicale du film, l’avait bien compris : « La ville est préhistoire, pollution, apocalypse. Elle est pleine de temples, d’odeurs et de parfums. Elle m’a été inspirée par Walter Ruttmann », dit-il.

Simon Fisher Turner, compositeur, producteur et acteur anglais, connaît bien Berlin, pour y avoir vécu et réalisé de nombreux field recordings (en tant qu’acteur, il y a également tourné The Invisible Frame aux côtés de Tilda Swinton). Sa production musicale, depuis toujours syncrétique, opère la fusion des musiques jazz, pop, électroacoustique et contemporaine, et inclut de nombreuses musiques de films, dont celles de quatre Derek Jarman, parmi lesquels le cultissime Caravaggio (1986). Grâce à cette commande que lui ont adressée le Festival Musiques démesurées et La Muse en Circuit, il revient à la source de son inspiration en tant que compositeur – le cinéma – et se penche sur la manière dont la dimension musicale du bruit a évolué, de Russolo à aujourd’hui, avec un dispositif qui croise les moyens de diffusion sonore de l’époque avec les outils de création d’aujourd’hui : field recordings diffusés sur des gramophones à pavillon puis traités en direct par ordinateur.

New Berlin Symphony de Simon Fisher Turner.
Enregistré aux Studios St Lukes à Londres en 2014.
Sons pour les musiciens enregistrés par Simon Fisher Turner à Berlin.
Simon Fisher Turner _mac et trompette.
Mixage à Londres par James Aparicio
Publié par Mute song

Simon Fisher Turner _piano
Klara Lewis _laptop
Rainier Lericolais _laptop

 

Conception Philippe Langlois
Production déléguée, La Muse en Circuit – Centre national de création musicale
Coproduction Festival Musiques Démesurées – Clermont-Ferrand, Festival Aujourd'hui Musiques du Théâtre de l’Archipel, scène nationale de Perpignan, Festival Why Note / Ici l'onde Dijon, Scènes Croisées de Lozère.
Avec le soutien du Centre Georges Pompidou.

Ciné-concert

16_11_14
to 16:00

Clermont-Ferrand
Maison de la Culture - salle Boris Vian -
Rue Abbé-de-l'épée

 

Tarif 5 et 10€. Informations et réservations : 04 73 42 60 58
Tram: arrêt Maison de la Culture