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Edition 2012 / 2013 : Correspondance

(English below)

 

10ème Concours International d’Art Radiophonique, LUC FERRARI 

 

Tous les deux ans, La Muse en Circuit, Centre national de création musicale, et la SACEM en partenariat avec le Festival Archipel, l’INA-GRM, Radio France, Radio Campus, la Radio Suisse Romande - Espace 2 DeutschlandRadioKultur, et Musiq 3 –RTBF, propose aux jeunes compositeurs de postuler  au concours Luc Ferrari dont l’intitulé est cette année :

 

Correspondance

 

En français, le mot Correspondance renvoie aussi bien à l’échange de lettres qu’aux changements de direction, aux liens privilégiés entre deux personnes ou entre deux choses.

Correspondance, c’est le signe du contact et de l’attente, de la complexité du monde et du hasard de la rencontre parfaite

Correspondance, comme une manière de compenser l’absence…

 

David Jisse

 

Réuni au Centre de la documentation de la musique contemporaine le 4 septembre 2012, le jury a sélectionné les trois compositeurs lauréats de cette dixième édition :

 

Julia Hanadi Al Abed (france)

Alejandro Montes de Oca (Mexique)

Sam Salem (Royaume Uni)

 

Le jury était composé de Anne Gillot (Radio Suisse  Romande), Nicolas Horber (Radio Campus),Ingo Kottkamp (Deutschlandradio Kultur), Anne Mattheeuws (Musiq3 –  RTBF), Irène Omelianenko (France Culture), Marc Texier (festival  Archipel - Genève), Philippe Langlois et David Jisse (La Muse en Circuit).

 

 

 


10th International Radio broadcasted Arts Competition Luc Ferrari

 

Correspondance

"In French, the word 'correspondance' refers not only to the exchange of letters but also changes in direction, special connections between two people or things. Correspondance is the sign of contact and expectation, of the complexity of the world and the chance of the perfect encounter. Correspondance, like a way of compensating for absence…"

 

David Jisse


Organised at Centre de la documentation de la musique contemporaine the 4th of September, the jury selected the three winning composers for this 10th edition:


Julia Hanadi Al Abed (france)

Alejandro Montes de Oca (Mexique)

Sam Salem (Royaume Uni)

Jury Anne: Gillot (Radio Suisse  Romande), Nicolas Horber (Radio Campus),Ingo Kottkamp (Deutschlandradio Kultur), Anne Mattheeuws (Musiq3 –  RTBF), Irène Omelianenko (France Culture), Marc Texier (festival  Archipel - Genève), Philippe Langlois et David Jisse (La Muse en Circuit).

 



Julia Hanadi Al Abed, Bilad El Cham

D'origine syrienne, mon père m'a donné son sang, et dans mon corps, mes veines véhiculent ce patrimoine. Ce n'est qu'à l'âge de 15 ans que ces terres se dévoilent sous mes yeux pour la toute première fois. Depuis 2002, tournages sonores au kilomètre parcouru à Damas ou ailleurs, pendant quatre de mes voyages. Février 2011, Mon grand-père paternel décède. Mars 2011, les conflits éclatent en Syrie. Depuis, chaque jour à la radio, des correspondants de Homs ou Alep annoncent les nouvelles, explosions, combats, nombre de morts... Bilad El Cham est un documentaire sensiblement engagé avec l'intention d'être au plus proche de ce que je sais de la Syrie. Quand bien même le spectre de la distance qui d'abord a forgé le mythe et qui désormais demeure imposée, je veux être au plus juste. Je dédie ce travail à mon arrière grand père, Qanès Bacha Al abed, qui m'a-t-on dit, fut colombophile, un héritier des fameuses techniques de correspondance issu des Croisades au XIème siècle.


Chanteuse amoureuse de la capture audio, Julia Hanadi Al Abed est compositrice (D.E.M. de composition électroacoustique, Bordeaux, 2008), adepte de l'écriture acousmatique. Dès son adolescence, c'est par la voix et le chant qu'elle répond à ce qui stimule sa sensibilité auditive. L'histoire débute en effet avec un journal intime scellé sur cassettes miniatures fixant des échantillons de vie au gré de chemins improvisés. Après avoir abordé la pratique musicale au sein de diverses formations, elle intègre le milieu de la musique contemporaine par le biais de la musique improvisée en s'attachant tout particulièrement à la musique concrète qui reste l'élément primordial à la création sonore, avec la voix. Accoutumée des instruments de musique contemporains issus des technologies numériques, elle manipule le Corps Sonore digéré par deux Lemurs ou encore façonne sa voix au cœur d'AnAhAtA.

 

 

 

Of Syrian origin, my father gave me his blood, and in my body, this heritage flows through my veins. It was only at the age of 15 that this land was revealed to my eyes for the very first time. Since 2002, sound shoots by the kilometre in Damascus or elsewhere during four of my journeys. February 2011: my paternal grandfather died. March 2011: the conflicts broke out in Syria. Since then, every day, correspondents from Homs or Aleppo announce the news on the radio: explosions, combats, the number of dead... Bilad El Cham is a sensitively committed documentary with the intention of being as close as possible to what I know about Syria. Even though the spectre of the distance that first forged the myth and henceforth remains imposed, I want to be as precise as possible. I dedicate this work to my great-grandfather, Qanès Bacha Al Abed, who, I've been told, was a pigeon fancier, an heir of the famous correspondence techniques going back to the Crusades in the 11th century.


A singer passionately fond of audio capture, Julia Hanadi Al Abed is a composer (degree in electro-acoustic composition, Bordeaux, 2008) and enthusiast of acousmatic writing. Since adolescence, it was through the voice and singing that she has responded to what stimulates her auditory sensibility. In fact, the story begins with a sealed diary on mini-cassettes, recorded samples of life according to improvised paths. After having approached musical practice within various groups, she joined the contemporary music milieu via improvised music, becoming particularly attached to musique concrète, which remains the primordial element in sound creation, with the voice. Accustomed to contemporary musical instruments derived from digital technologies, she handles the sound body with two Lemurs or else shapes her voice within the group 'AnAhAtA'.


https://soundcloud.com/dzoulia

 

Alejandro Montes de Oca, CorresponTrans

Pièce radiophonique sur la correspondance amoureuse. Correspondance, comme le lien entre deux personnes partageant un sentiment spécial et l’exprimant en écrivant l’un à l’autre. Dans cette pièce, trois histoires d’amour s’entrelacent dans le temps et l’espace. Les voix des amants créent des groupes liés de situations et de personnages formant un sonodrame multi-narratif. La perception des langues parlées varie de la compréhension totale à un son dénué de sens, qui génère de nombreux niveaux d’interprétation différents. La première histoire est japonaise et inspirée par la nouvelle Un double suicide de Yasunari Kawabata. La seconde est inspirée par différentes correspondances amoureuses historiques françaises (De Beauvoir, Sartre, Stendhal et D’Eulalie). Enfin, la dernière histoire est contemporaine, inscrite dans la mondialisation, autour de la rencontre entre deux personnes de nationalités différentes au cours d’un été. Cette œuvre n’a pas vocation à suivre la narration de ces histoires, mais tente d’explorer les qualités sonores et les images, ainsi que l’atmosphère et les sentiments particuliers qui entourent ces correspondances amoureuses.

 

Alejandro Montes de Oca (né en 1980 à Mexico City) est un compositeur, performer et artiste sonore. Il a obtenu un Master en composition électroacoustique au Collège Royal de Musique de Stockholm. Auparavant, il a étudié la musique électroacoustique à Barcelone, Vienne, Bourges et Mexico City. Son travail a été soutenu par des institutions telles que FONCA (Mexique), l’IMEB (France), le CDMC (Espagne), l’ICST (Switzerland), “Turku 2011, Capitale européenne de la culture” (Finlande), le programme UNESCO-Aschberg et le STIM (Suède). Ses œuvres ont été récompensées au 10e Concours de composition Electroacoustique Musica Viva (Portugal), au Franz Liszt Stipendium 2011 (Allemagne) et au Water Soundscape Composition Contest de l’EAH (Finlande). Certaines de ses pièces ont également été éditées sur différentes compilations et présentées dans des festivals et concerts en Europe et en Amérique.

 

 

 

Radiophonic piece about love correspondence. Correspondence as the connection between two people that share a special feeling and express it by writing to each other. During the piece there are three love stories that interlace in space and time. The voices of the lovers create interrelated sets of situations and characters that form a multi-narrative sound-drama. The level of comprehension of the spoken languages varies from a range of total understanding to a meaningless sound that generates different layers of interpretation. There is a Japanese story inspired by the tale called "Double Suicide" of Yasunari Kawabata. A second story is inspired by different historical love correspondences of the French culture (De Beauvoir, Sartre, Stendhal and D’Eulalie). And the last one is a contemporary story from the globalized world about a summer encounter between two people from different nationalities. This work tries to explore the sonic qualities and images, and the particular atmosphere and feelings that surround these love correspondences, rather than narrating the stories literary.


Alejandro Montes de Oca (1980, Mexico City) composer, performer and sound artist. He received a Master's degree in electroacoustic composition from the Royal School of Music in Stockholm. Previously, he studied electroacoustic music in Barcelona, Helsinki, Vienna, Bourges and Mexico City. His work has been supported by institutions such as FONCA (Mexico), IMEB (France), CDMC (Spain), ICST (Switzerland), “Turku 2011, European Capital of Culture” (Finland), the UNESCO-Aschberg and STIM (Sweden). His work has been awarded at the 10th Electroacoustic Composition Competition Musica Viva (Portugal), the Franz Liszt Stipendium 2011 (Germany) and the EAH Water Soundscape Composition Contest (Finland). Some of his pieces have been released on various CD compilations and presented in different festivals and concerts in Europe and America.

 

http://www.allmonts.com/

 

 

Sam Salem, Dérive

Durant ma résidence à La Muse en Circuit, j’ai sillonné la ville de Paris en quête de sons et d’environnements sonores. Mon itinéraire s’est construit à partir de promenades, ayant toutes comme point de départ le centre officiel de Paris, le point 48.8534°N 2.3488°E sur le parvis de Notre-Dame.

Je ne souhaite pas être trop descriptif à propos de cette pièce, je préfère que l’auditeur se laisse guider à travers l’œuvre par son oreille et son imagination, de la même façon que j’ai été guidé à travers les rues de Paris. Traversant différents environnements, la pièce explore les liens entre leurs espaces acoustiques. Mais Dérive n’est pas seulement une œuvre documentaire : elle est avant tout poétique et mythologique, une lecture de la ville au temps présent, une exploration des sons, des espaces, des histoires et des cultures qui façonnent Paris.

J’ai marché plus de 100 kilomètres dans le but de rassembler les matériaux pour Dérive. J’ai marché la totalité de la longueur des deux rives de la Seine dans les limites du Boulevard Périphériques, enregistrant les sons des bateaux, des mouettes, des fluctuations constantes (continues ?) du fleuve, sa voix agitée et changeante, résonnant dans les tunnels et sous les ponts, se mélangeant aux sons de la circulation à l’air libre. J’ai enregistré les catafalques du Panthéon, les rues de Montmartre, l’ambiance et les chansons du Sacré-Cœur à la beauté mélancolique, Notre-Dame et ses environs ; le plancher craquelant du Musée Gustave Moreau, le bruit de la ville du haut de la Tour Eiffel, les tunnels du métro, des douzaines d’artistes de rue, des ouvriers jouant au ping-pong pendant leur pause déjeuner, des enfants qui jouent Place de Vosges et…

À l’issue de ce travail, il m’a semblé que Paris était une ville de flux et de friction, de mouvement et d’interruption. Mais plus encore un lieu de saturation et de juxtaposition. J’ai pu marcher 100 kilomètres et plus, suivant le flux et les rythmes changeants de la ville, dans une rêverie silencieuse.

 

Sam Salem (né en 1982), vit actuellement à Manchester (Grande-Bretagne), où il a obtenu un Master en Composition Electroacoustique en 2007 ainsi qu’un Doctorat en Composition en 2011 à l’Université de Manchester. Son travail se concentre sur les sons des environnements urbains : chacune de ses pièces est axée sur une zone géographique spécifique. Sa musique aspire à mettre en lumière et à explorer la musicalité et la beauté cachées de ses sujets géographiques, ainsi que sa propre relation à son environnement, à la fois comme source d’inspiration et comme matériau musical. Il a obtenu de nombreuses résidences de création au sein d’institutions du monde entier, parmi lesquelles la Technische Universität à Berlin en 2012, le STEIM à Amsterdam en 2011-12 et Musique et Recherches à Ohain en 2011). Il a également été nominé et récompensé à de nombreux concours internationaux de composition, dont Metamorphoses en 2012 (Nomination), Competition Destellos en 2012 (Nomination), Joensuu Soundscape Composition Contest en 2011 (Troisième Prix), 11e Concours de composition Música Viva en 2010 (Premier Prix), et Musica Nova en 2010 (Mention Honoraire). Sam est co-directeur de l’Ensemble Distractfold et enseigne actuellement au Leeds College of Music.

 

 

 

During my residency at La Muse en Circuit, I crisscrossed the city of Paris in search of sounds or sound environments. My itinerary was built from walks, all having as their point of departure the official centre of Paris, the point 48.8534°N 2.3488°E on the square in front of Notre-Dame Cathedral.

I do not wish to explain too much about this piece: instead, I prefer for the listener to be led through the work by their ear and imagination, much as I was led around the streets of Paris. The piece seeks to explore the connections between the different places, crossing different acoustic environments. But Dérive is not only a documentary work: above all, it is quite poetic and mythological, a reading of the city at the present time, an exploration of the sounds, spaces, histories and cultures that shape Paris.

I walked over 100 kilometers in order to gather the materials for Dérive. I walked the full length of both banks of the Seine within the boundary of Boulevard Périphérique, recording the sounds of boats, gulls, the constant fluctuations of the river, it's voice rushing and changing, reverberating in tunnels and under bridges, merging with the sounds of traffic in the open air. I recorded the tombs of the Panthéon, the streets of Montmartre, the ambience and beautifully melancholic songs of Sacré-Coeur, Notre Dame and its surrounding areas; the creaking floorboards of the house Gustave Moreau, the city sounds from the top of the Eiffel Tower, the tunnels of the Metro, dozens of street performers, office workers playing ping pong during lunch breaks, children playing in Place des Vosges and...

At the conclusion of this work, it seems to me that Paris is a city of flow and friction, of movement and interruption. But perhaps more than this, it is a place of saturation and juxtaposition. I could walk 100 more kilometers, following the flow and haltering rhythms of the city, in hushed reverie.


Sam Salem (b. 1982) currently resides in Manchester (UK), where he completed a MUSM in Electroacoustic Music Composition in 2007 and a PhD in Composition in 2011 at the University of Manchester.

His work is focussed upon the sounds of urban environments: each of his pieces focuses upon a specific geographical location. His music aspires to illuminate and explore the hidden musicality and beauty of his geographical subjects, as well as his own relationship to his environment as both a source of inspiration and musical material. He has undertaken a number of a creation residencies at institutions around the world, including Technische Universität (Berlin, 2012), STEIM (Amsterdam, 2011-12) and Musique et Recherches (Ohain, 2011). He has also been nominated and awarded in a number of international composition competitions, including: Metamorphoses (2012, Nomination), Competition Destellos (2012, Nomination), Joensuu Soundscape Composition Contest (2011, Third Prize), 11th Musica Viva Composition Competition (2010, First Prize) and Musica Nova (2010, Honorary Mention). Sam is co-director of the Distractfold Ensemble and currently teaches at Leeds College of Music.


http://www.osamahsalem.co.uk/

 

 


Julia Hanadi Al Abed Bilad El Cham

Alejandro Montes de Oca CorresponTrans

Sam Salem Dérive

 

 

 

 

Concours organisé par La Muse en Circuit, Centre national de création musicale et la SACEM en partenariat avec le Festival Archipel, l'INA-GRM, Radio France, Radio Campus, la Radio Suisse Romande – Espace 2, DeutschandradioKultur et Musiq3 -RTBF


Diffusion des 3 pièces lauréates dans l'émission Klangkunst sur Deutschlandradio Kultur le 26 avril à 00h05 !